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Blog de coordination des initiatives pour garder Mandela.

Vous pensez que Mandela doit rester en France ? Vous trouvez que ce n'est pas à la police ou à la préfecture d'évaluer le sérieux des études et des recherches des étrangers ? Vous pensez que c'est possible d'être malien, anthropologue, enseignant, pauvre, et pourtant digne de la nationalité française ? Vous trouvez que l'identité nationale, ça fait se marrer les baleines de tous les océans, et que ça sent trop son mauvais litron ? Voire sa milice ?

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vendredi 19 mars 2010

18 mars 2010 (2) : de la fac au pic ...


Qu'est-ce qu'une manifestation ? Voilà quelque chose qui se dérobe aux évidences, si l'on veut bien sortir des catégories journalistiques : manif papa, manif casseurs, manif gentille détournée par les méchants, etc. Pour en faire l'anthropologie, il faudrait bien poser le militaire, le rituel, le pèlerinage, la marche, le défilé, l'exode - comparer tout cela - prendre un air compassé - et demander un congé sabbatique au Conseil Scientifique, assemblée d'excellence puisqu'elle a dit et même voté qu'elle était excellente.
Ça y est : votre serviteur qui voulait trouver un concept une articulation des formes élémentaires refuse d'avancer autrement que partir en furie sur ce qu'il a vu, emporté qu'il est par la force historique le fleuve Claude Simon, sa route de flandres, qui n'était autre que le boulevard machin sous la fabuleuse bibliothèque de p8 la seule réalisation architecturale notable d'un affreux trou pour LMD et haine de soi pédagogique de gauche où tous les cours prétendent être alternatifs et assurer l'intérim du temps entre deux avènements, in fide puis in gloria, de la Gauche ... Oui trois petits points de l'UNEF qui disaient qu'ils savaient faire une manif sans mes conseils, c'est vrai qu'ils ont su chauffer ça je le reconnais, parce que mes cosaques étaient éteint(e)s de l'avoir créée cette manif qui partait sous le mur de Pérec, 147 personnes me dit un peu plus loin un petit sud de mon cœur ce qui me rappelle la sortie de Kant dans son anthropologie au point de vue pragmatique on se pose secrètement la question pourquoi pas 150 c'est ainsi que je croyais à un sit-in devant le picardie dit le pic (le vrai lieu de cette bêtise de l'aide à la réussite enfin adossée à l'aide à la perdition honni soit qui mal y pense) oui le pic étant le théâtre pédagogique au calva kabyle de à qui je pense d'ailleurs il n'y eut aucun sit-in dans cette manif pressée et joyeuse qu'elle était de simplement avoir eu le culot d'exister et c'est là que je m'aperçus que j'étais avec tou(te)s ces gens UNEF compris que de têtes jamais vues des corps jamais vus que c'était une manif d'enfer que je commence à distiguer sérieusement des paris 12 créteil le master de Mandela endiablé d'une belle jeunesse insolente et bientôt le 22 mars 1968 qui fait son salut aux pochetrons du pic et commence ainsi la rue à contre sens de toute circulation ce n'était pas le cas lors de la guerre civile des sans-papiers à p8 l'année 2000 télescopage du temps est-ce bien cela être vieux d'ailleurs on s'en fiche car alors mes inquiétudes sont levées par des poupins qui s'infiltrent sur les espaces libres entre voitures et bus désordre total d'une jeunesse qui n'en peut plus de n'en plus pouvoir de ce pouvoir qui n'est que pouvoir de pouvoir et voudrait nous faire croire qu'il est métapouvoir alors qu'il n'est que bas pouvoir, et qu'il n'existe pas de métalangage selon Lacan, l'impouvoir de tout violent et vulgaire, jamais puissance et joie d'exister celles-ci alors n'existant plus que qu'influées souverainement dans cette rue par la simplicité d'une jeunesse qui remontait (avec l'Unef) les champs élysées novembre 41 je crois contre les mitrailleuses d'occupation, et derrière nous le monument de la résistance ratp et ali sud du dépôt qui allait prendre son service sapé comme un pape de bus, c'était avenue stalingrad en passant sous lénine ...
ô histoire des choses et des gens et des lieux !

mercredi 17 mars 2010

Le 18 mars 2139, on se souviendra du 18 mars 2010 qui se sera souvenu du 18 mars 1871


(A l'occasion du 18 mars 1871-2010, l'un de nos étudiants historique fait l'historien au futur antérieur)

Travail historique sur la commune de Saint-Denis.

Le 18 mars 2010,

Le préfet Nacer Meddah décide de récupérer (pour aussitôt l’expédier ailleurs, ce qui est contradictoire) M. Salif Mandela Djiré (dit Mandela) un professeur d’anthropologie qui avait été chargé de cours par une souscription des Paris-huitiens en vue de la défense de l’UFR TES. La garde anthropologique de Paris8 avait disposé ce Mandela sur les buttes de la salle D008 pour le mettre hors d'atteinte des forces de l’ordre lors de leur entrée dans l’université pour y permettre le retour des aristocrates du savoir qui l’avaient quitté en 1968 et rêvaient d’y retourner parce-que c’était « pas juste un projet d’université juste » (en gros).
Ce qui s’est déroulé le 18 mars 1871 euh… 2010

Le samedi 18 mars, coupant court aux négociations avec les étudiants de Paris8, Meddah envoie une colonne de 4.000 CRS avec l'ordre de récupérer Mandela. Mais l'affaire est mal préparée et les soldats perdent du temps à chercher des attelages (le poids du savoir de cet homme là le rend difficilement mobile, ce qui le distingue de la légèreté légendaire des gendarmes mobiles). On sonne l’alarme incendie. La foule s'assemble. Les céhèresses se débandent ou se rallient au petit peuple (même si cela reste rare).

Le brigadier-chef Pastaga, qui commande l'une des brigades, est fait prisonnier. Un autre brigadier-chef, Suzessinonrien, qui se promène en sifflotant la marseillaise sur le boulevard des sans-pap’, est arrêté à son tour par les émeutiers. À 17 heures, les deux hommes sont exécutés dans une orgie de sang, sous les yeux horrifiés du jeune Pascal Binczac, impuissant à calmer la foule.

Quelques émeutes se produisent au même moment en d'autres quartiers de Paris intra-muros, petite et grande couronne, et des céhéresses fraternisent avec les insurgés (qui leur offre l’apéro). Les bataillons de la révolte se groupent dans des bars d'où le nom de «barés» que l'on donnera aux insurgés.

Nacer Medah renonce à réprimer l'émeute. Peut-être juge-t-il l'entreprise trop risquée avec 30.000 céhèresses et gendarmes mobiles à la fidélité incertaine face aux millions d’habitants de Paris qui au quotidien vivent, bossent et restent ici avec les sans papiers ?... Il ordonne donc à l'armée et aux corps constitués d'évacuer sur le champ la capitale (ce qui entraîne un temps un quiproquo dans les troupes des forces de l’ordre à la recherche de ce fameux champ). L'évacuation commence avant même le meurtre des brigadiers-chef Pastaga et Suzessinonrien. Elle est achevée le soir même.

Abandonné par la République, Paris s'en remet à des militants situationnistes nostalgiques de Guy Debord (comme le professeur D.E. Mendes Sargo), internationalistes (partisans du « ni patrie ni frontières), communistes (héritiers de l'utopiste Karl Marx), socialistes, anarchistes... Pris de court par le vide du pouvoir, ces militants au nombre d'une trentaine se constituent en Comité central et se réunissent dans la plus grande confusion à la bourse du travail. Finalement, à force de se gueuler dessus, ils décideront plutôt de former un groupe de ska-punk et de laisser le peuple s’auto-organiser. (voir photo)


Les jours suivants

Le 21 mars, à Neuilly qui était alors le fief des contre-révolutionnaires, Brice Hortefeux, ministre des Affaires intérieures et sarkoziste bon teint, discourt ainsi : «Est-ce que nous ne savons pas que les réquisitions commencent, que les propriétés privées vont être violés et que nous allons voir, je ne dirai pas de chute en chute, mais de progrès en progrès, dans cette perversité savamment calculée, la société toute entière sapée par la base, s'effondrer... Mais que l'émeute le sache bien, si l'Assemblée est à Neuilly, c'est avec l'esprit de retour, pour combattre l'émeute et la combattre résolument».

Finalement, son projet de reprise de Paname tombera à l’eau, faute de bras armés. En effet, les policiers, militaires et autres membres de milices privées, pris de panique face aux évènements sont tous retournés vivre dans leur pays, celui où on se déplace de nuage en nuage en utilisant les arcs-en-ciel.

La suite tout le monde la connaît. En quelques semaines le mouvement a fait tâche d’huile dans le monde. Ici et là ça s’est tapé sec sur la gueule mais dans l’ensemble ça va, y’a pas eu trop de bobos, c’était surtout histoire d’essayer des trucs de kung-fu répétés à la maison, avant que y’ait plus jamais de guerre, ni de patrie, ni de frontières. Et encore moins de nationalités.


Fait à la commune libre de Paris,
Par l’étudiant Buuh, de l’Université Populaire Paris0
Le 28 ventôse 357